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Service de Cardiologie : « Le cœur, comme une pompe et un réservoir du sang », dixit le Pr Patrice Zabsonré

Médecin cardiologue, chargé de l’enseignement à l’unité de formation et de recherche  en sciences de la santé à l’université de Ouagadougou ,  coordonnateur du diplôme d’étude spécialisée (D.E.S) en cardiologie, le Pr  Patrice Zabsonré est le chef de service de cardiologie du CHU-YO depuis 2002. Ayant intégré  la Fonction publique en  1993, il a d’abord servi au CHU- SS de Bobo avant de rejoindre Yalgado en  2000. Il  définit sa  spécialité comme celle qui est chargée de prendre en charge des «  maladies du cœur et des vaisseaux ». Immersion à cœur ouvert dans le service de Cardiologie avec le chef dudit service.

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« La deuxième complication de l’hypertension peut déboucher sur « l’accident vasculaire cérébral (AVC) » qui survient dès lors qu’un « vaisseau ou une artère cérébrale se bouche ou se rompt ».

Très succinctement, le  Pr Zabsonré décrit le cœur : « c’est en même une pompe et un réservoir du sang. Cette pompe permet d’acheminer le sang aux différents organes de l’organisme du corps humain par ce qu’on appelle les artères ». Il peut arriver que le cœur ne parvienne  plus à jouer intégralement   son rôle du fait des pathologies cardiovasculaires,  dont les causes et facteurs favorisant sont multiples.  En effet, la conjugaison des facteurs comme les modes de vie (sédentarité) et alimentaire (consommation d’aliments  trop gras ou trop salés, l’alcool, le tabagisme, etc.) exposent en partie nombre d’individus aux pathologies cardiovasculaires.

Au cœur de ces  maladies:   « l’hypertension artérielle et ses complications » souligne notre spécialiste.    La première des  complications est appelée cardiomyopathie. « Le muscle cardiaque à force de  souffrir du fait de l’hypertension artérielle,  ne va plus  répondre convenablement.  Les  fonctions de contraction (pompe) et d’étirement  du muscle n’étant plus assumées normalement,  le malade finit par présenter  ce qu’on appelle  l’insuffisance cardiaque », indique  le Pr Zabsonré.   La deuxième complication de l’hypertension peut  déboucher  sur « l’accident vasculaire cérébral (AVC) »  qui survient dès lors qu’un « vaisseau  ou une artère  cérébrale  se bouche  ou se rompt ». A signaler également  que   l’insuffisance rénale tire souvent son origine de l’hypertension.

En plus de l’hypertension, il y a les atteintes valvulaires. « Les valves, ce sont ces « portes »  qui s’ouvrent et qui se referment à l’intérieur du cœur pour laisser passer le sang. Toutes les pathologies liées aux valves sont surtout dues le plus souvent aux  rhumatisme articulaire aigu »,   fait comprendre le cardiologue. Il est établi que  « les  angines mal traitées peuvent être à l’origine  du rhumatisme  articulaire aigu  qui,  en se  compliquant, font des atteintes cardiaques essentiellement localisées  au niveau de ces valves ». Dans le jargon médical, ces pathologies sont appelées des valvulopathies. Le  cœur à force d’être surchargé   va présenter à la longue,  des signes de défaillance et devenir insuffisant.

Il y a aussi les péricardites qui sont   des atteintes du péricarde, ce sac qui entoure le cœur. Lorsque  ce sac subit une inflammation, le sujet présente une péricardite. « Dans notre contexte, l’inflammation de ce  sac est surtout provoquée par la tuberculose, ou par le virus du VIH »,  précise le cardiologue.

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« Les cas d’embolie pulmonaires sont  hospitalisés prioritairement, le plus souvent pour dissoudre le caillot avec un traitement anti-coagulant et permettre au sujet d’échapper à la mort subite par embolie pulmonaire », explique le Pr Zabsonré

La maladie des veines qui se bouchent, est appelée thrombo-embolique. « Une veine peut se boucher par un caillot, doublé du   risque de  migration à un certain moment donné. S’il migre et va dans les poumons, il entraine ce qu’on appelle une embolie pulmonaire,  privant ainsi une partie du poumon de sang.»  L’embolie pulmonaire est grave, car parfois  mortelle : « c’est pourquoi nous les hospitalisons prioritairement, le plus souvent pour dissoudre le caillot avec un traitement anti-coagulant et permettre au sujet d’échapper à la mort subite par embolie pulmonaire »,  explique   le Pr

Au risque de faire peur aux femmes, le Pr Zabsonré révèle : « nous rencontrons, depuis un certain temps, des femmes qui, après l’accouchement,  présentent une insuffisance du muscle cardiaque.»  Cette affection est de plus en plus fréquente en Afrique. Le  mal  n’est pas encore élucidé  dans son mécanisme d’action.  Néanmoins,  à l’heure actuelle, on avance l’hypothèse  d’une substance sécrétée après l’accouchement appelée la prolactine qui serait la cause de la  dégradation  de muscle cardiaque.

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« Du fait de la mondialisation, l’infarctus du myocarde est en émergence dans les pays africains.»

Les syndromes coronariens aigus qui se compliquent par l’infarctus myocarde peuvent  causer la  mort subite. Avant, l’infarctus du myocarde était très peu fréquent en Afrique. C’était une maladie dite des pays développés. Mais du fait de la mondialisation, cette  pathologie est  en émergence dans les pays africains.

Organisation et fonctionnement du  service

Le service compte 4 unités, dont  chacune exécute des prestations spécialisées. La  première unité et la plus fréquentée est  celle des consultations externes qui est destinée à offrir des soins en termes de prescriptions médicales (ordonnance) ou des prestations d’examens complémentaires afin d’étayer une hypothèse, un diagnostic. Cette unité abrite les prestations dites non-invasives (examens non sanglants) : l’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque et vasculaire,  l’enregistrement sur 24h de l’électrocardiogramme appelé Holter ECG. Ce sont les 4 examens non invasifs dont on peut bénéficier dans cette unité.

 Ensuite, il y a l’unité d’hospitalisation classique. On y reçoit les malades qui ne nécessitent pas de soins particuliers d’urgences.

A côté de l’hospitalisation classique,  il y a l’unité de soins intensifs cardiologiques qui reçoit des malades  nécessitant un traitement lourd. Mais cette unité ne fonctionne pas de façon optimale. « Elle a été mise en veilleuse pendant quelques années pour des raisons de manque de ressources humaines. C’est pourquoi cette unité n’a pas fonctionné à plein temps»,  confesse, le chef de service.

Enfin, l’unité invasive ou unité de traitements sanglants où l’on fait pour le moment la stimulation cardiaque. L’activité  dans cette unité se résume à la  pose d’une pile (pace maker) pour permettre à un cœur qui est, par exemple ralenti,  de pouvoir fonctionner à une fréquence normale. « Même si d’autres possibilités existent, c’est la seule activité qui y est menée pour l’instant »,  reconnaît  le Pr.

Collaboration interservices

«Nous sommes dans un pays en développement et nous sommes confrontés à des problèmes de ressources humaines, de ressources matérielles… mais fort heureusement la collaboration interservices est bonne en ce sens qu’elle permet la mutualisation des ressources »,  se réconforte  le chef de service. Et de continuer : « n’eût été la collaboration interservices, mon service à un moment donné se trouverait dans un état de dysfonctionnement à cause notamment des ruptures de pousses seringues électriques ». Son équipe de 6 médecins cardiologues dont 4 médecins hospitalo-universitaires, est  appuyée par 02 attachés de santé, 13 infirmiers, 08 garçons et filles de salle et une secrétaire. Dans le cadre de  la collaboration interservices, les médecins  des autres services n’hésitent pas  à donner leurs avis  par rapport à des malades qui sont dans le service de la cardiologie.

Le projet de création de l’unité d’urgence cardio-vasculaire

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« La création( en projet) d’une unité d’urgences cardio-vasculaires nous tient à cœur, car nous avons déjà des thèmes de recherche sur la mort subite ».

Pour répondre à la triple mission du service qui est en même temps celle du CHU-YO (soins, formation, recherche), le chef de service a un projet de création d’une unité d’urgences cardio-vasculaires. Ce projet, que le Pr Zabsonré attend de tout son cœur,  s’il voit le jour,  permettra non seulement d’accroitre la qualité de soins spécialisés au profit de  la population, mais également  d’affiner la formation des cardiologues. Cette  unité va favoriser la mise en place d’un  type d’organisation en vue de rendre plus opérationnelle la prise en charge des urgences vasculaires. Ce projet est  d’autant important que «  nous  avons déjà des thèmes de recherche sur la mort subite »,  projette le chef de service.

Du mode d’entrée des patients

Il y a deux modes d’entrée dans le service de cardiologie. Soit on y entre par la consultation externe, soit  par l’hospitalisation. Pour avoir  une prestation quelconque au service de cardiologie, il faut nécessairement avoir une référence qui permet d’avoir accès  soit directement dans le service parce qu’on a été adressé par un collègue, soit on a été  transféré dans le service à partir des Urgences médicales. On peut également y être transféré à partir d’un autre service du CHU-YO.

Comme nombre d’usagers viennent directement en Cardiologie sans être référés par  un centre de santé, il arrive qu’ils se trompent de service. Non sans un brin d’humour, le   Pr Zabsonré  constate impuissant que son service  «  est l’un des plus grands prescripteurs de fibroscopie digestive de référence pour le service d’hépato-gastrologie parce que toute douleur dans la poitrine est interprétée par  le malade  comme d’origine cardiaque ». Le temps perdu  à faire le tri, à adresser les malades là où il faut pour qu’ils soient pris en charge est source de désagréments qui augmentent inutilement la charge de travail des cardiologues.

Une meilleure connaissance du service devrait  permettre à chacun de respecter sa propre charte. Les  patients doivent prendre  connaissance de la charte du patient qui définit leurs  droits mais également leurs  devoirs. « Le malade doit faire en sorte que les  ressources aussi bien matérielles, humaines que financières mises à notre disposition  soient gérées  de la manière la plus rationnelle possible. Il  ne doit pas participer à la détérioration du matériel. Les lits que vous voyez en Cardiologie, sont des lits qui coûtent plus du  million FCFA  hors taxes »,  cri du cœur du chef de service. Et prévient « les  heures de visite doivent être impérativement respectées.  S’il y a une présence permanente d’accompagnants qui utilisent les mobiliers destinés uniquement aux patients, il va sans dire que quelle que soit la qualité de ceux-ci, ils vont vite s’amortir. »

 Le premier responsable de la Cardiologie invite les malades à avoir  confiance aux médecins en spécialisation, qui  ont un minimum de bagage pour prendre en charge une urgence.

En plus « nous sommes en contact permanent entre nous,  d’autant qu’il y a une flotte téléphonique permettant  au médecin de garde de joindre tous les médecins cardiologues pour demander leur avis par rapport à un malade donné»

           Nos tarifs en cardiologie

 

Actes                  Tarifs
01 Consultations

2000FCFA

02 Electrocardiogramme

4200FCFA

03 Holter ECG  malade externe

25000FCFA

+ Caution 50.000FCFA

04 Holter ECG  malade Hospitalisé

12.500FCFA

+Caution 50.000FCFA

05 Echographie cardiaque, malade externe

17.500FCFA

06 Holter ECG  malade hospitalisé

12.500FCFA

07 Cardiologie Interventionnelle

200.000FCFA

08                                                        Hospitalisation
09 1ère catégorie

4500/jour

10 3ème catégorie

1000FCFA/ jour

11 4ème catégorie

500FCFA/jour

 

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