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« Les manifestations et mesures préventives du choléra », par le Dr Mamoudou Sawadogo

Le Conseil des ministres, en sa séance du 26 juin 2013, a fait état d’un plan de riposte en cas d’éventuel  choléra. Cette initiative de l’Etat  qui allie prévoyance et anticipation vise à «  permettra à notre pays de détecter précocement et de riposter efficacement à toute survenue d’épidémie de choléra en 2013. » Afin de connaître les manifestations et les mesures de prévention relatives à  cette maladie, nous avons rencontré un médecin infectiologue, le Dr Mamoudo  Sawadogo, du service des maladies infectieuses du CHU-YO

Appelé maladie de pauvreté  et de manque d’hygiène, le choléra, pathologie très contagieuse, en survivance encore surtout les pays en voie de développement, surgit quelques fois à la faveur de la saison hivernale. Communément  appelé diarrhée –vomissement, à cause de ses  manifestations visibles, le choléra,  « est une  maladie infectieuse, diarrhéique, mal immunisante, très contagieuse due à l’effet pathogène secrété par un microbe appelé vibrion cholérique », explique le Dr Sawadogo.

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« Maladie de manque d’hygiène, le choléra, est une pathologie très contagieuse, en survivance encore surtout les pays en voie de développement, qui surgit quelques fois à la faveur de la saison des pluies »

Pour faire la maladie du choléra, démontre l’infectiologie, «  il faut vraiment que le sujet ait ingéré une quantité importante de bactéries environ dix puissance 8 par ml,   dont une  bonne partie,  malgré l’effet du suc gastrique, puisse franchir les barrières protectrices pour atteindre la paroi intestinale, où elles  pourront se multiplier, si ce  milieu est alcalin leur offre de meilleures conditions propices à leur développement». Il est établi que  tous les  porteurs de vibrion cholérique ne font pas systématiquement la maladie, soit parce que leur organisme arrive à bien se défendre, soit parce qu’ils n’ont pas ingéré une très grande quantité de bactéries. Mais, d’après  notre spécialiste  « de tels porteurs sains peuvent cependant propager la maladie à leur propre insu ».

Pourquoi, la diarrhée est-elle une des principales manifestations effrayantes du choléra ?  En se multipliant, « les bactéries libèrent une exotoxine, qui sous l’effet d’un enzyme va inverser le flux d’eau et des sels au niveau de l’organisme. Donc l’eau et le sel ne sont plus réabsorbés par l’organisme, mais plutôt, il y aura un afflux vers la lumière intestinale qui va s’extérioriser sous forme de diarrhée ».

La description de la maladie se caractérise par  « une  diarrhée abondante, (malodorant on dirait du poisson pourris et de couleur eau de cuisson du riz) qui s’accompagne de vomissement et  de déshydratation,  le malade a un  pouls filant malgré une conscience claire, et un état général altéré». De tels signes doivent alerter aussitôt le  praticien de santé, car  nous apprend le spécialiste, un seul cas de choléra suffit pour actionner le système d’alerte.

Néanmoins rassure le Dr Sawadogo,   car,  «  en période  épidémique, le taux de létalité  est presque de 0% parce que les personnels de santé connaissent  bien le protocole thérapeutique ». Seulement, ajoute-il, ce sont les premiers cas qui peuvent être fatals parce les agents, surpris, ne commenceront à appliquer le protocole qu’après confirmation de la maladie. La réhydratation suivant une technique connue de tous les  agents de santé permet d’éviter le pire surtout si les malades arrivent à temps dans les formations sanitaires.

En plus d’être une urgence médicale, le choléra constitue une urgence de santé publique dans la mesure où un seul cas déclaré peut toucher toute la famille et même toute la communauté d’une localité. Ce qui amène à non seulement traiter le malade, mais également tous les autres membres de la famille, les sujets contactés, ensuite à  désinfecter les domiciles, les objets souillés ou éventuellement souillés.

Un seul message clé peut permettre d’éviter cette maladie «  renforcer l’hygiène individuelle et collective, se laver les mains avant et après les repas, après les sels, consommer et boire propre » conseille le Dr Sawadogo.

 

Quelques informations sur le choléra

-Une étude a révélé que les personnes de groupe sanguin 0 sont plus enclines à faire le cholera que les  individus des autres groupes sanguins, sans qu’il y ait pour le moment une explication scientifique à donner à cette spécificité.

-Les personnes dont l’estomac manque d’acidité  du fait de  la prise de certains médicaments, feraient plus facilement  la maladie si elles étaient exposées aux vibrions cholériques. En effet, c’est l’acide contenu dans l’estomac qui non seulement permet de tuer tous les germes que nous ingurgitons, surtout d’éliminer certaines bactéries.

-Une des formes compliquée du choléra entraîne rapidement un problème d’insuffisance rénale du fait de l’ hypo-hydratation, ce qui peut  engendrer un problème cardiaque à cause de la rétention de certains minéraux.

-Il y a également une forme grave du choléra entraînant un problème cardiaque, pouvant  trahir l’agent de santé. Parce que cette forme ne s’accompagne pas de diarrhée du fait d’une paralysie intestinale  bloquant  les sels qui ne vont sortir qu’après la mort du malade.

-Les zones de conflits entraînant les mouvements des populations qui se  retrouvent à vivre dans des conditions précaires (promiscuité, sans assainissement,  défécation dans la nature, sans eau potable, buvant donc l’eau des marigots) sont le souvent plus exposées au choléra.

– Les inondations constituent également une période délicate à surveiller de près, car les  caniveaux peuvent se déverser sur les légumes et les souiller, et  dont la consommation comporte des risques.

Service Communication




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