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Service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale : dégager le labyrinthe des maladies ORL pour sauver les patients.

Professeur titulaire en ORL et en chirurgie cervico-faciale, le Kampadilemba Ouoba est le  chef du service d’ORL et cumulativement le chef de département de chirurgie et de spécialité chirurgicale du CHU-YO. A la tête de ce service depuis 1998, ce militaire en situation de détachement,  portant alternativement  la blouse et  le treillis depuis 1985 nous fait découvrir  son service.

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Pr Kampadilemba Ouoba : « Environ 48% des malades reçus, du fait des sinusites, du rhume, des angines, des otites. Ces infections sont très fréquentes pendant l’harmattan »

La spécialité ORL et chirurgie cervico-faciale prend en charge  aussi bien des maladies de l’oreille, du nez et des sinus que celles de la gorge, de la face et du cou. Carrefour des fonctions vitales de l’Homme, l’ORL se décompose comme suit : O pour oreille, R pour les sinus et le nez, L pour la gorge et le larynx » précise le premier responsable du service. Les consultations, les  soins médicaux et des interventions chirurgicales constituent les principales activités du service. A ces activités de soins, s’ajoutent l’enseignement et la recherche.

Les pathologies les plus fréquentes et les périodes de pic

Le taux de  fréquentation du service croît pendant l’harmattan à cause des  rhumes, des sinusites, des angines. Ce qui n’est pas anormal pour autant, car le nez, les oreilles et  la gorge  sont des cavités directement exposées à l’air, donc  à la    pollution atmosphérique et aux changements climatiques éventuels.

Au quotidien, les pathologies les plus couramment rencontrées dans le service ORL peuvent être classées en 4 grands groupes.

Les infections viennent en tête des premières causes de consultations et représentent environ 48% des malades reçus, du fait des  sinusites, du rhume, des angines, des otites.

Les traumatismes représentent 22% des malades du service, et sont  dus aux accidents de la route qui constituent  les  plus grands pourvoyeurs des traumatismes de la face et du cou ;   mais pas seulement. il y a aussi des cas de traumatismes causés par les bagarres, agressions  et  les cueillettes,( chutes des arbres)  etc.

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Le Pr Ouoba en pleine démonstration de consultation, juste pour le besoin d’une photo

Les tumeurs, qu’elles soient  cancéreuses ou non cancéreuses  représentent 20% des prises en charge. Le Pr Ouoba  souligne  que son service est de plus en plus apte à les détecter et à prendre en charge  du fait du développement de l’expertise

Les cas de malformations concernent les  enfants pouvant naitre  avec une fente au niveau de la lèvre, ou bien avec une seule oreille, ou avec une narine qui n’est pas perforée »  indique  le Pr Ouoba. Et pour finir il y a les maladies liées à l’âge comme  la presbyacousie  , à partir de 60 ans et ce progressivement jusqu’à 90 ans. « A 90 ans, une personne a tous  les risques de ne plus rien entendre,  mais c’est une évolution normale due  à l’âge »  confirme le spécialiste.

Organisation et fonctionnement du service

Le service ORL fonctionnement avec 34 personnes dont 6 médecins, 18 infirmiers repartis dans les 3 unités : l’unité  de consultation, l’unité des explorations complémentaires (les audiogrammes, les tympanogrammes) et l’unité d’hospitalisation qui a une capacité actuelle d’hospitalisation de 13 lits. Le service dispose également d’un bloc opératoire comportant deux salles destinées  à la  petite chirurgie et à la  chirurgie majeure.

Pour accéder au service de Pr Ouoba, les malades devraient normalement être adressés, ce qui n’est pas encore le cas si bien que les consultations se font  pour tout malade  venant. Autrement dit, il y a des malades qui viennent directement  et ceux qui  sont  référés par des  agents de santé.

Une fois dans le service, les patients subissent la consultation dite de première intention ou de tris effectués par les infirmiers spécialistes (attachés) en ORL. Les attachés de santé, en plus de la consultation de première intention, suivent les malades  hospitalisés, appuient les chirurgiens pendant les interventions, assurent les soins post-opératoires, et donnent des conseils aux malades. Et ce n’est pas tout : « ils prennent également en charge les petits cas de chirurgie»,  fait-il  savoir. C’est ainsi que la consultation et la  prise en charge de cas difficiles sont  référés aux médecins ORL.

Si le malade ne nécessite pas une hospitalisation, des soins externes lui sont procurés soit sous la forme de consultation avec une ordonnance médicale, soit de petits soins chirurgicaux. Lorsque le malade doit être hospitalisé en vue d’une opération,  il est  préparé à cet effet. Cette étape est principalement réservée aux médecins qui assurent les interventions chirurgicales,  le suivi des malades, l’enseignement et la recherche (notamment la supervision des stages pratiques des étudiants, les recherches souvent confiées aux étudiants sous forme de thème de thèse).

Le service de plus en plus fréquenté

D’après le  Pr Ouoba, son équipe subit « une charge importante de travail due  à l’augmentation progressive du nombre de malades reçus ». Selon de récentes statistiques, le service reçoit  en moyenne 8000 patients par an, dont  en moyenne 300 interventions.  Cette progression vient du fait qu’il «  y a   une meilleure connaissance de l’ORL à cause des  conférences et congrès  qui ont permis de faire connaître cette spécialité. A cela il faut ajouter le fait que la fréquentation globale des hôpitaux au Burkina Faso a connu une progression, étant donné que  les gens commencent  à faire plus confiance à la médecine moderne.

Enfin, il y a l’augmentation du nombre de personnel qualifié en ORL, qui est passé de  02 médecins en 1992 à 06 , sans oublier les médecins en spécialisation en ORL ( filière de formation spécialisée ouverte depuis 208 au Burkina Faso)  . Quant aux infirmiers, leur nombre est passé pour la même période de  de 08 à  18 aujourd’hui.

La prévention

La prévention des  pathologies ORL est la  meilleure voie à suivre. Quand bien même  il y a des difficultés,   celles-ci  ne sauraient constituer des obstacles. Il faudrait une lutte contre tous les facteurs favorisant les atteintes ORL pour réussir. « Si vous faites une bonne campagne de vaccination, vous évitez toutes les maladies qui vont avoir des complications ORL. Le programme élargi de vaccination est donc un bon moyen de prévention. Si vous vous battez contre la pollution atmosphérique sous toutes ses formes, c’est un moyen de prévention des infections respiratoires. Une bonne alimentation est une excellente prévention en particulier contre le noma. Le noma est une maladie liée à la  malnutrition et à la misère. C’est une gangrène qui commence au niveau de la bouche  chez des enfants souvent  malnutris ; et sa mortalité est encore élevée. Le fait de respecter le code de la route,  vous évite les traumatismes dans leur ensemble et les traumatismes ORL » plaide le Pr Ouoba. Toutefois, si la maladie s’installe, il faut la diagnostiquer le plus tot possible. « Le moindre signe orientant vers la sphère ORL doit faire l’objet d’une consultation. Il n’y a pas que Yalgado qui dispose d’un service ORL. Pour permettre une belle couverture de notre pays en matière d’ORL, il est mis en place dans les CMA, dans les CHR, des unités ORL. A défaut d’avoir un service ORL  à portée de main, il faut aller consulter dans n’importe quel centre de santé parce que les médecins généralistes sont outillés pour prendre en charge en première intention  les malades  tout-venant.

Les projets du service

Afin de développer davantage les activités du service, le chef de service et ses collaborateurs ont initié depuis quelques années un plan de développement du service. Parmi  les projets particulièrement importants pour le Pr Ouoba, figure la micro chirurgie de l’oreille. « C’est une intervention qui nécessite un plateau technique fin et élaboré que nous sommes en train de mettre en place » explique-t-il. Deuxièmement, il y a la formation d’allergologues. « Vous savez que l’allergie est une des maladies les plus répandues. Au Burkina Faso, pour le moment les  allergologues diplômés pour cette formation se comptent sur les bouts de doigts de la main. La formation ne se fait pas sur place, mais nous allons encourager les autorités à former des allergologues »  projette  le chef de service.

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« 14 médecins sont en formation spécialisée en ORL, dont trois sortiront cette année »

Le Pr Ouoba a également en projet de couvrir davantage le pays en médecins ORL. Pour cela, il sait  qu’il faut former des hommes. C’est pourquoi, depuis 2008, il a été ouvert à l’Université de Ouagadougou une filière de formation spécialisée en ORL pour les médecins. Il y a déjà  14, et c’est avec plaisir  que le Pr annonce la sortie de 03 d’entre eux cette année. « D’ici 5 ans nous allons avoir au moins une bonne douzaine de médecins ORL formés au Burkina,  ce qui va nous permettre de couvrir les provinces » a-t-il conclu.

Comprendre la  surdité et la sinusite

L’oreille est à la fois l’organe de l’audition et de l’équilibre. Il y a trois parties dans l’oreille : L’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. Du coup, toute maladie qui touche une de ces 3 parties peut entraîner surdité. La surdité peut être liée à une affection (exemple des otites). « Malheureusement, dans nos régions, quelqu’un peut avoir  l’oreille qui coule, mais sans s’en  inquiéter » s’inquiète le spécialiste. Or  c’est une infection de l’oreille qui est grave du moment où le malade après guérison peut ne plus entendre.

Aussi, il y a des  maladies comme les méningites qui attaquent le cerveau de l’oreille c’est-à-dire l’oreille interne, dont l’une  des  premières complications est la surdité. La  méningite comporte  un grand risque de surdité qui   touche le plus souvent   les enfants.

Une fracture au niveau de l’oreille interne peut  provoquer  un déficit auditif chez le sujet qui a subi un traumatisme. Il y a aussi une grande cause de surdité que les populations négligent : c’est le bruit. « Le bruit il y  en a partout et non contrôlé ; l’implantation des usines en ville n’est pas normale ;  des centrales qui tournent en plein quartier et ces gens deviennent progressivement sourds. » s’offusque notre  spécialiste  Il y a certains médicaments qui détruisent l’oreille « mais que nous sommes obligés d’utiliser. C’est le quinimax , qui doit être utilisé avec circonspection ». Quand la surdité touche à l’enfant, « son éducation, son insertion socioprofessionnelle sont  compromise», prévient-il.  D’où la mise en place d’un programme national de prévention de la surdité.

La sinusite est une infection du nez qui se propage aux sinus puisque les fosses nasales sont la véranda des sinus. La sinusite est une maladie d’environnement. Un rhume qui n’est pas soigné conduit progressivement vers les sinusites. La sinusite est une complication d’un rhume mal soigné. C’est une pathologie qui est beaucoup lié à la pollution. Plus la pollution prend de l’ampleur plus il y a des sinusites. Malheureusement, la sinusite elle-même peut se compliquer par une affection plus grave,  celle des méninges, ou  entraîner une otite, qui  peut se compliquer également  d’une angine etc. En somme, une affection de la sphère ORL, menace les autres organes.

Service communication




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