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Service de pneumologie du CHU-YO : dans les méandres des bronches et des poumons

Le professeur  Martial Ouédraogo est le médecin chef de service du service pneumologie du CHU-YO. Enseignant hospitalo-universitaire, responsable de l’enseignement de la pneumologie à l’unité de formation et de recherche en sciences de la santé de l’Université de Ouagadougou, ce médecin fait de la recherche, des soins et de l’enseignement un sacerdoce. Un sacerdoce fait d’ambition et de  dynamisme.  

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«L’harmattan caractérisé par des vents très sec et empoussiérés, fait que les gens qui ont des tares ou des prédispositions à développer des maladies liées aux intempéries, viennent gonfler le nombre usuel de malades du service de pneumologie. » , indique le chef de service

Le service de  pneumologie prend en charge les pathologies des voies respiratoires dont la tuberculose pulmonaire. La précision est de mise puisque la tuberculose peut ne pas toucher l’appareil respiratoire. « Tout organe, tout tissu de l’être humain allant des tissus mous  jusqu’aux os peut être touché par la tuberculose. C’est pour cela que l’on distingue la tuberculose pulmonaire qui est l’expression respiratoire à localisation pulmonaire de la tuberculose extra pulmonaire qui va de l’enveloppe du poumon en passant par  l’ abdomane, le squelette, le cerveau etc. »  précise  le Pr Ouédraogo Les missions du service s’inscrivent dans la logique de celles du CHU-YO : soigner, former, et faire de la recherche.

Le service de pneumologie reçoit  en moyenne 42 consultations externes par semaine et 07 nouvelles hospitalisations. Il y a des périodes de pics liées à la spécificité des maladies respiratoires et à celle du Burkina Faso. Et le Pr Ouédraogo d’expliquer, « la grande  fréquentation, c’est généralement octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars. »  Cette période est celle des récoltes et  les malades recommencent à fréquenter les centres de santé. Il y a également l’harmattan caractérisé par des vents très sec et empoussiérés, d’où  la résurgence d’ancienne et nouvelles pathologies. Ainsi les malades qui ont des tares ou des prédispositions à développer des maladies liées aux intempéries, viennent gonfler le nombre usuel de malades  du service de  pneumologie.

L’équipe de pneumologie prend régulièrement en charge les cas de pneumopathies infectieuses non tuberculeuses qui sont des infections pulmonaires non tuberculeuses (cela concerne le poumon,  son enveloppe etc.).

La tuberculose vient en deuxième position sur la liste des prises en charge. Les cancers broncho-pulmonaires, l’asthme viennent ensuite et de plus en plus les parasitoses qui sont liées à l’infection par le  VIH. La pneumo-conioses qui est la maladie liée à l’inhalation de la poussière minérale. C’est l’une des conséquences sanitaire de l’orpaillage qui se fait en dépit de toute mesure de prévention individuelle et collective. Afin de pouvoir répondre aux besoins de patients, une organisation type a été mise en place.

Organisation et fonctionnement du service

Le service est subdivisé en  3 grandes unités fonctionnelles. Il y a d’abord l’unité de phtisiologie et des grands contagieux. Ensuite l’unité de  pneumologie  elle-même  subdivisée en 3 sous-unités. La première qui prend en charge les malades de sexe masculin  et de tababocologie. La deuxième est consacrée à la prise en charge des malades de sexe féminin, des PV- VIH et des endoscopies bronchiques. Quant en la dernière unité, elle s’occupe des soins intensifs, des cancers thoraciques, de la petite chirurgie et de la kinésithérapie respiratoire.

Le service de pneumologie est scindé en deux pavillons A & B.  Le pavillon B est celui de la tuberculose et des grands contagieux (pathologies à transmission aérienne et contagieuse). Le pavillon A lui  abrite tous les autres malades de la pneumologie autres que les tuberculeux contagieux et les autres malades contagieux.

Tous les gestes de prise en charge d’un malade affecté au service de pneumologie se déroulent dans l’une ces unités fonctionnelles et le médecin responsable de l’unité ou de la sous-unité répond de la qualité des  soins. Epaulé par un surveillant d’unité de soins ou major chaque médecin responsable d’une unité fonctionnelle rend compte au chef de service qui coordonne le fonctionnement des unités.

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« La population doit éviter l’automédication, en s’abstenant surtout d’écouter des personnes non avisées qui racontent leurs expériences personnelles et leur logique, qui n’est déjà pas logique » conseille le Pr Ouédraogo.

Avec ses 4 médecins spécialisés, un médecin généraliste,  15 infirmiers, un  interne des hôpitaux, une  secrétaire, 06 garçons et filles de salle et, le service « reste toujours insuffisamment pourvu en personnel » d’après le  Pr Ouédraogo.

Le service fonctionne 24/24, et  à tout moment, on y trouve une  équipe  composée de personnel de soutien, de personnel paramédical et d’au moins  un stagiaire interné en médecine. Les consultations médicales externes se font tous les jours  ouvrables par des médecins spécialisés, sauf les vendredis. La raison est toute simple « nous sommes un service spécialisé et nos malades ont été sélectionnés en fonction de la gravité du mal, nous ne concevons pas que des infirmiers ou des stagiaires internés fassent  la consultation », explique le chef de service. La visite au lit du malade se  fait tous les jours par un médecin appuyé par  un stagiaire.  Les mercredis  sont consacrés à la  visite générale faite par de tous les médecins disponibles  y compris le chef de service. Les vendredis sont réservés aux staffs hebdomadaires, ce qui permet de résoudre  de manière concertée les différents problèmes dans une dynamique de faire avancer la spécialité.

La recherche dans le domaine de la pneumologie

Conformément à sa mission de recherche  le service de pneumologie effectue des recherches, sous la houlette de son médecin chef de service.  Il s’agit de la recherche action qui a  pour but d’identifier un certain nombre de problèmes afin d’interpeller toutes les personnes compétentes pour une résolution immédiate. Des recherches sont en cours pour déterminer les pathologies des personnes âgées ainsi que les aspects spécifiques de leurs  prises en charges adaptées  » indique  le Pr Ouédraogo.

Aussi, elle, l’équipe du Pr Ouédraogo fait des recherches fondamentales.  « Actuellement, nous sommes en train de mener une recherche sur les allergènes spécifiques  de l’environnement à Ouagadougou.

Projets du service

Pour développer son service en vue de  mettre davantage de compétences et de prestations spécialisées à la disposition des populations, le Pr Ouédraogo et ses collaborateurs travaillent à la mise en œuvre de projets ambitieux.  La volonté de création d’une unité de  Kinésithérapie adaptée à la respiration entre dans ce cadre. « La salle est disponible, il nous manque juste le Kinésithérapeute » fait-il  savoir. Aussi est-il souhaitable  de   disponibiliser un  spiromètre pour  permettre  une évaluation détaillée des différentes composantes de la respiration.

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« La population doit éviter l’automédication, en s’abstenant surtout d’écouter des personnes non avisées qui racontent leurs expériences personnelles et leur logique, qui n’est déjà pas logique » conseille le Pr Ouédraogo.

Le pneumologue voudrait aussi pouvoir mettre en place une unité d’allergologie. Pourquoi une unité d’allergologie en pneumologie pourrait-on se demander ? Pour le Pr Ouédraogo, l’allergologie est une discipline transversale,  et à la base, elle a souvent eu pour instigateur de recherche des pneumologues. L’asthmologie est une discipline complexe qui évolue tout le temps. C’est pourquoi, le pneumologue pense qu’il serait très intéressant de disposer d’une unité spécialisée dans la prise en charge  de l’asthme.

Dans le service de pneumologie, un des projets chers au Pr Ouédraogo, va bientôt voir le jour. La construction d’un bâtiment pour la prise en charge des tuberculeux multi résistants. Le principe est acquis et le Pr Ouédraogo attend avec impatience que le bâtiment sorte de terre pour lui permettre de décongestionner le pavillon B de 20 lits dont 12 sont actuellement occupés par des MDR. Il est prévu  la création  d’ un laboratoire du sommeil pour  mener la recherche sur la maladie du sommeil, qui est de plus en plus fréquente au Burkina. A cet effet, deux médecins ont été envoyés en Europe pour acquérir des compétences nécessaires à la mise en place d’un tel  laboratoire.

Ces efforts ne connaîtront  un écho appréciable que si les populations y mettent  du sien. « Pour nous  aider à les aider », le chef de service invite  les populations à ne point s’adonner à l’automédication, ni à recourir aux tradi-praticiens. Parce que cela rallonge l’itinéraire du malade avant son arrivée dans les services compétents. Il faut également que les populations se fassent vacciner  et s’abstiennent surtout d’écouter « des personnes non avisées qui racontent  leurs expériences personnelles et leur logique, qui n’est déjà pas logique »  conseille  le Pr Ouédraogo.

 

Liste des actes et prestations théoriques

Actes et prestations Montant Disponibilité
Consultations

2000 F CFA

Oui

Hospitalisation (non tuberculeux)

500 F CFA

(14lits)

1000 F CFA

(9lits)

4500 F CFA

(6lits)

Oui

Ponction pleurale

5 000 F CFA

Oui

Fibroscopie bronchique

15 000 F CFA

Oui

Drainage thoracique

15 000 F CFA

Oui

kinésithérapie

6 000 F CFA

Non

spirométrie

15 000 F CFA

Non

Biopsie pleurale

15 000 F CFA

Non

 

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