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Dépression : en sortir, est bien possible

Le Dr Compaoré, psychiatre au CHU-YO,  prend en charge les  toxicomanes, les alcooliques, les problèmes de troubles sexuelles,  d’insomnies,  et surtout  la dépression. Maladie de la ‘’déprime’’, objet du présent article  survient à suite  de la combinaison des  plusieurs facteurs.  Les manifestations de la maladie doit alerter l’entourage familial du sujet, d’autant qu’on peut guérir de la dépression en ne s’y prenant tard.

dr compaoré

« Le stress au travail, la vie solitaire, les séparations, les faillites économiques etc. sont souvent à l’origine de la dépression », fait savoir le Dr Compaoré Saïdou

Le stress au travail, la vie solitaire, les séparations (les divorces, la perte d’un être cher), les faillites économiques etc. sont souvent à l’origine de la dépression. Chez les personnes âgées, c’est surtout le départ des enfants qui entraine la déprime.  « Quand les enfants réussissent, tout le monde est content. Mais à un moment, la maison se vide, le vieux ou la vieille se retrouve seul » explique le spécialiste. La perte de l’autorité chez une  personne âgée, qui  n’a plus la force qu’il avait, n’étant  plus la seule à prendre les décisions, elle voit  son autorité décliner devant les enfants et les petits enfants constituent  sont entre autres des facteurs possibles de dépression qui sont liés à l’environnement socio-psychologique d’un sujet donné.

L’on ne saurait parler d’une  cause de la  dépression, mais plutôt  des facteurs déclencheurs. Car la dépression survient à partir de la  conjonction de plusieurs causes. C’est pourquoi le terme « facteurs » est préférable à celui de  « cause ». Il existe principalement 3  grands groupes de facteurs, à même de provoquer la dépression : l’environnement socio psychologique, le facteur biologique  et la génétique.

La dépression, causée par les facteurs ci-dessus évoqués est une maladie mentale qui entraine des troubles de l’humeur. Le sujet déprimé, est  habité par une tristesse qui dépasse la tristesse ordinaire,  et  toujours animé par des pensées négatives. Autres manifestations de cette pathologie : c’est le ralentissement, le  sujet ne voulant  plus mener d’activité. Il  s’en suit alors, le plus souvent, des troubles du sommeil, des troubles alimentaires (pendant certains ne mangent pas, d’autres par contre mangent exagérément pour compenser leur solitude). Le sujet déprimé enregistre le plus souvent une baisse de sa libido,  son estime de soi baisse considérablement  et il en résulte une dépréciation de  sa personne.

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La prise en charge du malade repose sur un  diagnostic clairement posé par le psychiatre.  Le sujet est, selon les circonstances, soit hospitalisé, soit traité en ambulatoire. Les traitements se font à coup de prescriptions médicales et de la psychothérapie. Cette dernière tâche est dévolue le plus souvent aux psychologues qui  sont chargés de repérer les points forts et les points faibles  du sujet, de s’appuyer sur les points forts pour l’aider à surmonter et à dépasser ses pensées négatives.

La particularité du  traitement est qu’il à la fois est long et coûteux, et « cela le médecin et il faut avoir le courage de le dire au malade » indique  le Dr Compaoré. Le patient faudra non seulement persévérer car on peut espérer avoir les résultats qu’au bout de 06 mois, voire deux à trois ans. De même il est impératif qu’il honore  ses ordonnances de  médicaments qui reviennent chers également.

La prise en charge est d’autant plus compliquée que la  plupart des patients arrivent dans le service de psychiatrie après avoir fait le tour des tradi-praticiens, et  des religieux. En ce moment, le mal a pris tout le temps de s’installer  et  les sujets deviennent très marqués surtout par le trouble du sommeil. « Il y en a qui font une à deux semaines sans dormir et quand vous voyez leur  visage c’est horrible. D’autres arrivent en pleure implorant de les aider à trouver le sommeil »  confie le spécialiste.

Pour une meilleure prise en charge de ces pathologies, il faudra se départir des idées reçues qui voudraient  que ces personnes malades soient possédées par des génies ou par le diable. Le recours aux tradi praticiens et autres séances de délivrance n’a comme résultat que de rallonger inutilement l’itinéraire du malade avant son arrivée dans les services compétents. Pire encore, les discours tenus généralement sur ces maladies renforcent l’idée du malade qu’il est vraiment possédé, donc maudit. Ainsi, se sent-il  condamné,  renforçant du même coup  sa perte d’envie de vivre.

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« Les idées reçues qui voudraient que ces personnes malades soient possédées par des génies ou par le diable. Ainsi, avant d’arrivées en psychiatrie, elles feront d’abord le tour des tradi-praticiens et des religieux », regrette le psychiatre

Néanmoins quand le malade adhère aux traitements, « de meilleurs résultats sont vite obtenus. » constate me médecin.  Du reste, cela réduirait les risques de récidive parce que le sujet conscient de sa maladie va faire attention tandis que celui qui n’en est pas conscient aura tendance à retomber dans les mêmes travers (drogue, alcool, abandon du traitement …).

 La dépression comme la plupart des maladies mentales se guérit, certes au prix d’efforts considérables.  Prévenir étant mieux que guérir, le Dr Compaoré préconise d’avoir une hygiène de vie saine. Pour ce faire, il est formellement déconseillé surtout aux élèves et  étudiants de prendre des amphétamines pour étudier dans la mesure où  ces stupéfiants  empêchent  le sommeil normal de s’installer. Ce conseil est d’autant important, car pour ceux qui ont des prédispositions à faire  la maladie de la déprime, celle-ci va s’installer rapidement du fait justement de la consommation de ces  produits prohibés.

Raison pour laquelle il faut s’abstenir de consommer la drogue. Toutefois, si  la maladie est déjà installée, convaincre le sujet de se rendre dans les services compétents, doit constituer  un réflexe des parents et connaissances.  Et dans le pire cas,  l’y amener de force,  car les troubles connaissent des dénouements heureux lorsqu’on s’y prend tôt.

La dépression chez les femmes

Toutefois, pour des raisons qui restent insuffisamment expliquées, le constat révèle que les femmes sont plus exposées à la dépression que les hommes : deux (02)  femmes/dix (10) seraient exposées contre un  (01(homme seulement/dix (10).  Une des pistes d’explication la plus probable à ce jour est celle  d’origine hormonale. Explication : « après l’accouchement, il y a une période appelée le « baby blue » ou encore la dépression du 3e jour que font presque toutes les femmes (8/10). Elle est déprimée,  n’arrive pas à bien s’occuper de son enfant,  pleure, se plaint de fatigue, elle ne veut rien faire. Cette  dépression, qui va  passer, serait due à une modification hormonale après l’accouchement. L’organisme devant  s’adapter à une nouvelle situation, cela créé la dépression ».

Cependant il est établi que certaines femmes vont continuer leur dépression pendant plusieurs semaines. Cela est  appelé ‘’dépression du post partum’’ qui peut amener certaines femmes  à vouloir rejeter leur enfant.  Le pire peut arriver quand ces femmes commettent l’infanticide ou abandonner son nouveau-né. Les facteurs déclencheurs étant faiblement connus, il est difficile de prévoir un système de prévention.

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