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Service de neurologie du CHU-YO : Les AVC, l’épilepsie, les migraines se soignent à condition de..…

La spécialité de neurologie prend en charge diverses pathologies  du système nerveux et des muscles, comme les accidents vasculaires cérébraux,  l’épilepsie et les migraines. Ouvert en 2002 au  CHU-YO, le service de neurologie est dirigé  par le Pr Kaboré, premier neurologue du  Burkina Faso. Dans le but de mieux cerner des  prestations  dudit  service, nous sommes entretenus avec le premier responsable des lieux.

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« Les accidents vasculaires cérébraux, les pathologies infectieuses, les séquelles de méningites, la maladie de Parkinson, les démences, la maladie d’Alzheimer, constituent les principales causes de consultations », indique le chef de service

Toutes les maladies de l’esprit ( psychiques) ont leur support anatomique, le cerveau. C’est pourquoi, la neurologie et la psychiatrie sont considérées comme des sœurs jumelles, elles  formaient jadis  une même et grande spécialité médicale. Ce n’est  qu’en 1972, qu’on a estimé qu’il  fallait les  séparer. Toutefois du fait des liens existant entre les deux spécialités, forcement elles travaillent en tandem. Un bon neurologue doit faire de la psychiatrie, étant donné que  c’est le cerveau qui abrite l’esprit, fait savoir le Pr jean Kabore.

 Qu’est-ce qui fait « drainer »  les patients au  service de neurologie ?

Les  principaux motifs de consultation et leurs causes

Dans le service de Neurologie, de manière générale, les pathologies traitées sont celles liées à l’âge avancé des sujets. Ce qui  fait dire au chef de service, qu’il s’agit particulièrement des pathologies  des adultes.  Les accidents vasculaires cérébraux sont les plus  fréquents. Suivent les pathologies infectieuses, les séquelles de méningites, les maladies parasitaires. Il y a enfin les maladies des extrêmes de la vie : d’abord chez  les nouveau-nés et enfants, mais compte tenu  que « notre service s’occupe des adultes, nous recevons très peu ces cas là », précise le Pr Jean Kaboré.

En revanche, les maladies neurologiques sont  plus fréquentes chez les personnes âgées, qui sont  exposées aux  maladies dégénératives :«  maladie de Parkinson, les démences, la maladie d’Alzheimer »

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) survient de manière subite, il est  dû essentiellement  à la l’hypertension qui constitue  un  facteur  important  dans son apparition. Il y a aussi l’âge, du fait de l’athérosclérose qui peut se concevoir comme un encrassement des artères par les déchets issus des aliments (surtout les graisses). L’AVC est une situation d’urgence qui nécessite, lorsqu’il survient, que le patient soit  transporté d’urgence dans un centre de santé, dans les heures ou même les minutes qui suivent. Autrement,  le tissu lésé devient irrécupérable, rendant impossible un meilleur   traitement. Certes,  une rééducation peut être effectuée, mais cela dans le seul but d’essayer de réadapter. Si au contraire la  prise en charge a eu lieu tôt, des médicaments  permettant de récupérer le tissu lésé, sont disponibles et efficaces.

L’épilepsie,  pour en faciliter sa compréhension pour le profane, le Pr Jean Kaboré  use de cette image : «  le cerveau fonctionne comme un générateur électrique avec les terminaux d’utilisation de l’électricité : cela peut être une lampe, ou tout appareil qui utilise l’électricité. Il y a des bornes et lorsque vous vous trompez de bornes, cela crée des « courts-circuits». La crise épileptique est le résultat d’un « court circuit » dans le cerveau. Cela se traduit par des pertes de connaissances et des convulsions. « Chacun de nous a  droit à un « court circuit » dans sa vie. Celui qui  en fait deux, devient épileptique. Plus les « court- circuits » se répètent, plus la maladie épileptique s’installe. »

Les « courts-circuits » sont provoqués par des maladies du cerveau : une méningite, un traumatisme crânien, une infection, peut déclencher un court-circuit. Cependant, la neurocysticercose est de loin la cause la plus fréquente.  C’est une maladie due à un parasite, le ténia, dont la larve appelée le cysticerque,  affectionne le cerveau. Les lésions provoquées  disposent  les cellules du cerveau à faire des « courts circuits ».  On contracte ces parasites par « la mauvaise hygiène, la cohabitation avec le porc ou la consommation de viande de porc mal cuite  contenant du cysticerque encore vivant. », prévient le spécialiste. A noter  que l’épileptique peut faire des troubles psychiatriques, qui constituent  une des  complications de l’épilepsie.

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Les jeunes spécialistes du Pr Jean kaboré, en pleine visite médicale

Contrairement aux idées reçues, l’épilepsie n’est pas un sort jeté à un individu, ni une malédiction, ou l’œuvre de mauvais  génies. Mais une certaine opinion, du fait de la méconnaissance  de la maladie, y croit profondément.  Le Pr Kaboré  rassure : « quand les malades arrivent dans les services compétents, c’est souvent après avoir fait le grand tour. Au cas où  les malades  adhèrent au traitement (qui est de 24 mois au moins),  dans  70 à 80% des cas, on aboutit  à la guérison. Le reste des cas,  ce sont des situations où le cerveau est suffisamment trop atteint, le traitement se fera alors  à vie».  L’épilepsie est «  une maladie et rien d’autre » plaide le Pr Kaboré.  Davantage de sensibilisation sur  la maladie, permettra de « la démystifier et la démythifier. »

 Les maux de têtes relèvent de la spécialité de la neurologie,  mais la multiplicité de leurs  causes fait qu’ils constituent un problème de médecine générale. Les  maux de tête sont intégrés dans ce qu’on appelle la douleur en général. La douleur est un système d’alarme pour dire que quelque chose ne va pas. Pour le cas spécifique des maux de têtes, il en existe    des centaines de causes, dont  la  migraine. De plus, il n’y a pas une migraine mais il y a des migraines. Les  migraines, c’est un mal de tête qui intéresse une partie du cerveau, assez souvent  la moitié du crâne. Cette douleur va s’accompagner de malaises, qui font que celui qui en souffre répugne la lumière et/ou le bruit. Il s’ensuit une fréquence de  nausées, parfois des  vomissements, et une mauvaise hum

Fonctionnement du service

Au CHU-YO, la pratique de la spécialité a débuté par  les consultations;  ce n’est qu’une année plus tard, soit en janvier 2003,  que les premières hospitalisations ont été rendues possibles. Avec une capacité d’hospitalisation de 23 lits, le service compte 03 neurologues dont un professeur titulaire,  un maitre-assistant et un assistant. Le personnel infirmier est au nombre de 10. C’est cette équipe qui prend en charge les trente  patients reçus, en moyenne,  par semaine.

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Pour le Pr Jean kaboré, la concertation régulière entre spécialistes est indispensable à l’offre de prestations de bonnes qualités

Il y a deux modes  d’entrée au service : en ambulatoire et par les urgences. Pour les urgences, le patient est reçu dans le service des urgences médicales avant d’être transféré en Neurologie. Pour les  cas en ambulatoire, un secrétariat organise les rendez-vous pour les consultations qui se font tous les mardis et les jeudis.  En vue d’améliorer  la prise en charge par une concertation régulière, notamment  sur les éventuels cas spécifiques rencontrés, les médecins consultent tous, les mêmes jours. Les autres jours sont consacrés  aux  urgences, aux patients hospitalisés, à  la formation des étudiants et aux explorations. Les  jeudis, après les consultations,  une séance de concertation a lieu entre les neurologues et les radiologues, appelée  staff de  neuro-radiologie.

Le Pr Jean Kaboré  reconnaît que son service est confronté est des difficultés en ressources humaines. Car tout le pays ne compte que 06 neurologues exerçant dans les deux grandes villes que sont Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Pour pouvoir répondre aux nombreuses sollicitations des populations au nom desquelles  ils ont prêté  le serment, les neurologues sont obligés de se  surpasser  dans l’effort.

Les projets du service

 « Quand le malade neurologique souffre, ce n’est pas seulement un corps qui souffre, mais c’est surtout un esprit »,  indique  le chef de service. D’où l’importance de la prise en charge holistique du malade neurologique. C’est ce que les agents du service  s’efforcent  de leur mieux à appliquer,  faisant ainsi  honneur à leur engagement. Le service souhaite  voir étoffé son personnel : avoir médecin qui s’occuperait  exclusivement des électroencéphalogrammes, et un autre pour aider les imagistes avec le scanner. Du reste, l’ambition à court terme, c’est pouvoir rendre fonctionnel l’électroencephalographie qui permet de diagnostiquer les  troubles du sommeil.

Afin d’accroitre l’offre des prestations, le chef de service, est résolument  engagé dans un projet  de formation des  médecins en spécialisation appelés  D.E.S.

Service Communication




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