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Des anesthésistes canadiens offrent 117 oxymètres aux differentes structures hospitalières du Burkina-Faso

En vue de contribuer à l’amélioration de la sécurité des patients dans les blocs opératoires, la Société  canadienne d’anesthésistes-réanimateurs, Life-box, a offert 117 oxymètres, d’une valeur de 20millions de FCFA, aux CHU, CHR et districts sanitaires du  Burkina Faso. Ce don[1]( qui aura lieu le jeudi 30 octobre)  est le fruit d’une fructueuse collaboration entre le Président de la Société Burkinabé d’Anesthésie Réanimation, le Pr Nazingouba Ouédraogo  et Life-box. Une bonne utilisation des oxymètres est essentielle pour la qualité de prise en charge des patients. Afin de  permettre au personnel de se familiariser avec ces nouveaux appareils, une formation d’une semaine,  initiée à l’attention des médecins anesthésistes-réanimateurs, des attachés en anesthésie-réanimation, ainsi que de nombreux étudiants, a débuté  le samedi 26 octobre 2013 au CHU-Yalgado Ouédraogo.

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« La formation, nous avons le devoir de la maîtriser parce que ce n’est pas seulement une question de moyen, il faut être méthodique, systématique, il faut bien travailler», souligne le Pr Naziningouba Ouedraogo

Life-box est une initiative caritative, partie de deux  médecins, un australien et un britannique, qui trouvaient inadmissible que des patients meurent par insuffisance et/ou  d’une mauvaise qualité de la surveillance, après une intervention chirurgicale.  C’est pourquoi, ils décident de venir en aide aux  pays en voie de développement , qui se  matérialise par  des dons   d’équipements de base, et  la formation des soignants à leur manipulation.

La première cause de décès des patients anesthésiés, résulte des  problèmes respiratoires  d’autant que,  contrairement aux oxymètres, certains appareils ne rendent pas compte des problèmes respiratoires.  Les oxymètres reçus, assurent plusieurs fonctions permettant de mesurer  la saturation en oxygène du sang (niveau d’oxygénation du sang) et de prendre le pouls. Autrement dit, ils reflètent à la fois l’activité cardiaque et la respiration. Et le Pr Nazinigouba de s’exclamer : « si on ne devait  garder qu’un appareil de surveillance sur un patient, ce serait bien celui-là »

Les nombreux avantages d’un oxymètre

Les produits anesthésiants ont la particularité de  déprimer la respiration, faisant ainsi perdre au patient  ses  capacités respiratoires normales. Raison pour laquelle on donne de l’oxygène aux patients anesthésiés.

L’oxymètre en effet permet de détecter les situations où malgré l’apport de l’oxygène, le patient ne respire pas correctement, notamment dans le cas d’une diminution du débit cardiaque. « Si  par exemple on ne regarde que la fréquence cardiaque lorsqu’un patient ne respire pas, avant que le cœur ne ralentisse pour s’arrêter, il va se passer entre 04 à 05 minutes. Ce qui peut être fatal car quand le cœur en arrive à souffrir de l’insuffisance d’oxygène, c’est que le cerveau est déjà mort»,  fait savoir le spécialiste.

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Les formateurs canadiens vont pendant une semaine former plus de 150 burkinabé

Par conséquent, c’est un formidable outil de travail pour les  anesthésistes. L’utilisation de l’oxymètre est une surveillance de principe. Ce principe voudrait qu’avant  même d’endormir le patient, on lui branche un oxymètre qui affiche ses battements cardiaques, et l’état d’oxygénation de son sang. « L’appareil mesure le taux de saturation de l’hémoglobine en oxygène. Normalement ce taux est autour de 95, 98, voire 100%. Si une personne commence à mal respirer,  ou que le sang ne circule plus bien, le taux de saturation va diminuer. Et l’appareil émet une tonalité audible qui change lorsque la saturation diminue. Ce qui permet d’alerter le personnel soignant », explique le Pr  Nazinigouba.

L’appareil étant  « très sensible et très fidèle », cela permet véritablement  d’avoir un critère de jugement très pertinent pour la surveillance des patients au bloc opératoire, précise-t-il

L’intérêt de la formation

Outre le don, c’est la formation à la pratique de la check-list de l’OMS (une liste de contrôles en salle d’opération) qui est le plus essentiel, selon le Pr Nazinigouba Ouédraogo. La check-list consiste à vérifier un certain nombre de choses  avant, pendant, et après l’intervention chirurgicale.

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Une démonstration du fonctionnement d’un oxymètre.

Se  tromper de côté pour amputer la bonne jambe d’un patient. Au lieu de la  vessie on enlève l’estomac  du malade. Oublier des ciseaux ou des compresses dans le ventre d’un patient.  Ce sont de telles erreurs d’inattention  que  la check-list permet d’éviter.

Pour ce faire,  l’identité exacte du patient, le  type d’intervention, le contrôle au moment où il va sortir de la salle d’opération, doivent être parfaitement maîtrisés. L’objectif étant de s’assurer que toutes les compresses utilisées soient  retrouvées, que tous les instruments soient retrouvés, de sorte qu’il n’en reste pas dans le ventre du malade.

Le Pr Nazinigouba insiste sur l’importance de la formation :«  que nous avons le devoir de maîtriser parce que ce n’est pas seulement une question de moyen, il faut être méthodique, systématique, il faut bien travailler».

Les  117 oxymètres offerts correspondent, d’après un inventaire, au nombre de  salles d’opération au Burkina ne disposant pas  d’oxymétrees.

Service communication

  [1] Nous reviendrons sur la cérémonie de remise du don proprement dit




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