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3ème congrès de la société burkinabè d’ophtalmologie :Pour une vue d’ensemble des maladies de l’œil, pour mieux les combattre

La société burkinabé d’ophtalmologie( SBO) a tenu son troisième  congrès, du 10 au 12 avril 2014 à Bobo-Dioulasso. Placé sous le double parrainage du ministre de la santé, et celui des enseignements secondaire et supérieur,  et du patronage du président de l’Assemblée nationale, ce congrès a permis aux participants de plancher sur le thème « œil et pathologies générales ». Opportunité d’échange d’expériences et de formation, cette rencontre des ophtalmologues, a vu la participation de 200 p m1personnes venues du Niger, du Togo, de la France, et des différentes provinces du Burkina.

Pour le profane, le lien  entre « l’œil et les pathologies générales »  n’est pas toujours perceptible. Et pourtant, il y a une étroite relation entre les yeux et le reste  de l’organisme.  «  L’œil étant la vitrine de l’organisme », il se trouve que  «  beaucoup de maladies ont leurs manifestations dans les yeux. » éclaire le  Pr Meda Nonfounikoun, président de la  société burkinabè d’ophtalmologie.

Ainsi l’ophtalmologue se voit dans une double mission : jouer le rôle d’aide au diagnostic pour les autres spécialités médicales comme la cardiologie,  la diabétologie, l’hématologie, et  la  médecine interne,  mais surtout s’occuper de la prise en charge des maladies liées spécifiquement à l’œil comme le glaucome, la cataracte, etc.

L’augmentation de la pression au niveau des vaisseaux due à l’ hypertension,  ne peut être visible qu’au niveau de l’œil, qui est un milieu transparent.  « L’œil en effet constitue chez les vivants la seule partie du corps où l’on peut regarder les vaisseaux », indique le spécialiste des questions oculaires. A la demande du cardiologue, l’ophtalmologue, au moyen de ses différents appareils,  oberve  l’état des vaisseaux, pour savoir « s’ils sont éclatés, bouchés, ou saignent ». Du fait que « l’œil est branché sur le  cerveau », ce qui s’observe au niveau des yeux, est exactement ce qui est dans le cerveau. Toutes les informations, à valeur pronostique, une fois recueillies, sont transmises au cardiologue qui, en dernier ressort, prendra la décision qui convient. A noter  p m 2que la rougeur de l’œil traduit une anomalie, et peut constituer un des signes de l’hypertension.

Quant au diabète, il a également un retentissement sur les vaisseaux. C’est pourquoi, les diabétologues ont recours aux ophtalmologues pour connaître l’état des vaisseaux pour vérifier s’il y a des lésions ou pas. Si lésions il y a ,  le diabétologue pourrait  recourir à d’autres examens pour s’assurer de l’état de fonctionnement des reins, du  cœur, et du cerveau, pour prendre les mesures appropriées.

Au regard de la répercussion des autres maladies sur les yeux, ce sont surtout « les médecins des autres spécialités qui ont beaucoup contribué à l’animation des 10 panels qui étaient au programme », se réjouit le président de la SBO. Au total, il y a eu une soixantaine de communications et des ateliers.

Il est ressorti des échanges la nécessité de valoriser la spécialité ophtalmologique, proportionnellement à l’ampleur des problèmes de cécité et de leurs conséquences sur la société. « L’œil représente 80% des moyens de communication de l’individu avec le monde extérieur », fait savoir le spécialiste. Quand survient la cécité, la personne  devient  une charge pour sa famille, qui doit impérativement  lui apporter tout le  soutien moral qu’il faut. Sans oublier  que la personne aveugle, a ses propres besoins économiques auxquels il va falloir satisfaire. Des fois, s’ensuit une  déscolarisation des enfants à cause de l’handicap du père. Aussi, une personne qui perd subitement ses yeux, comme c’est souvent le cas de l’infection à VIH, cela peut être vécu comme un drame. Car   très souvent  la cécité brutale constitue la première cause de suicide, révèle le Pr Meda. D’où la nécessaire collaboration entre les ophtalmologues et les psychologues, pour  gérer certains types de patients

Les ateliers animés pendant ce congrès ont permis de former le personnel de santé des Centre de Santé et Promotion Sociale, des Centres Médicaux à  la mesure de l’acuité visuelle. L’avantage est de permettre que les paramédicaux référant les malades  vers les services d’ophtalmologie, puissent donner des indications chiffrées sur  l’acuité visuelle de ces derniers.

Deux recommandations ont été formulées à la fin des travaux

1er :Doter les structures de soins d’équipements ophtalmologiques adaptés,  et renforcer les connaissances des personnels utilisateurs ;

2eme : Intégrer les soins oculaires à tous les niveaux du système sanitaire du pays.

Service communication