full screen background image

CHU-YO : une masse de 13 kilo sortie du ventre d’une patiente

Ce 18 mai 2017, le Pr Edgar Ouangré, chirurgien viscéraliste, a réussi une intervention chirurgicale pas commune sur une patiente de 28 ans. A la fin, une masse de 13 kilo et demi a été sortie du ventre de cette jeune dame. Découvrons les coulisses de cette intervention.

la masse sortie par l'équipe chirurgicale dirigée par le Pr Ouangré

la masse sortie par l’équipe chirurgicale dirigée par le Pr Ouangré

Comment vous, vous êtes retrouvé à vous occuper de ce cas ?

Nous sommes rentrés au bloc avec une patiente de 28 ans dont voilà le parcours. La patiente en question a commencé à sentir « quelque chose » dans son ventre. Cette sensation était associée à une aménorrhée c’est-à-dire à une absence de règles. Elle a donc conclu à une grossesse. Ainsi, elle a fait des consultations prénatales, deux fois au moins, et commencé les pesées. Des échographies auraient même été faites. Au fil des jours et des mois, la masse augmentait de volume, et elle pensait toujours que c’était en rapport avec la grossesse.

Mais, la masse était devenue telle qu’elle se déplaçait difficilement, n’arrivait pas à manger et à aller aux selles normalement. En plus, elle avait dépassé les 9 mois habituels de gestation. Elle s’est alors convaincu que cela ne pouvait être une grossesse. Ses proches et elle se sont alors décidés à consulter et à accepter l’opération. Elle a consulté un médecin en spécialisation de gynécologie qui  l’a référée à notre service.

Pr, dite-nous ce que vous avez opéré ?

Une fois le dossier en main, nous avons fait les examens qu’il fallait, on a même fait le scanner. Le scanner a montré que c’était une tumeur abdominale sans préciser aux dépens de quel organe. Mais nous, nous soupçonnions une tumeur ovarienne. Nous avons alors décidé de faire le bilan et d’aller l’opérer. Quand nous avons opéré, nous avons été conforté que c’était bel et bien une tumeur de l’ovaire droit. La tumeur avait tellement grossi qu’elle a englobé l’utérus. La masse que nous avons sortie pèse 13 kilo et demi.

Quelles sont les précautions particulières que vous avez dû prendre pour cette intervention ?

Pour ce genre d’intervention, il y a plusieurs précautions à prendre. Une masse de cette importance suppose qu’il y ait beaucoup de sang emmagasiné dans la tumeur. A l’opération, l’organisme perd une certaine quantité de sang et de liquide. Il y a donc un risque que l’on appelle un choc a vacuo.  Il y a aussi le risque d’hémorragie au cours de l’opération. Pour parer à toute éventualité, les anesthésistes avaient préconisé que l’on réserve au moins deux poches de sang. Ce que nous n’avions pas prévu mais que l’on a été obligé de faire, c’est d’enlever l’utérus en même temps que l’ovaire droit. Cette jeune femme ne pourra donc plus avoir un enfant. Néanmoins, l’ovaire gauche est sauf et sa coquetterie ne sera pas menacée. Car, lorsqu’on enlève les deux ovaires chez la femme, sa voix change et cela peut jouer sur sa silhouette.

le Pr Ouangré lors de l'intervention

le Pr Ouangré lors de l’intervention

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Difficile à répondre. Il y a des cas où il n’y a pas de causes apparentes. D’autres fois, cela peut être lié à la contraception, à des infections des annexes ovariennes non maîtrisées. Ce sont des pathologies que l’on rencontrait chez les femmes d’un certain âge mais de plus en plus on rencontre cela chez la femme jeune.

Quels conseils pouvez-vous donner à la population concernant ce genre de cas?

Mon intervention va concerner deux groupes de personnes à savoir, les patients et le personnel de santé. Aux patients, nous leur disons qu’en cas de problème, il faut immédiatement consulter une personne avertie. Aux agents de santé, nous leur disons que quand vous êtes un agent de santé de première ligne, il faut avoir le réflexe de penser à la référence lorsque vous voyez que la pathologie n’évolue pas comme ce que vous avez l’habitude de voir. Dans le cas présent, si la patiente avait été référée tôt, nous l’aurions opérée à un stade où la masse ne serait pas aussi géante. Nous aurions donc des chances de sauver son utérus afin qu’elle puisse poursuivre sa maternité normalement

Comment se porte la patiente ?

 Je viens de la voir et elle va très bien. C’est vrai qu’au départ on n’avait pas prévu ce qui lui arrive. Mais elle l’a plutôt bien pris. Pendant l’opération, quand nous avions pris connaissance de l’ampleur de la masse, nous avions décidé d’informer le mari que ce qu’on a trouvé est tel qu’on sera obligé d’enlever l’utérus. À la fin on a expliqué, et à son mari et à elle-même qu’elle ne pourra plus enfanter. Elle, c’est sa santé qui lui importe parce qu’elle pensait qu’elle allait mourir de cette maladie. Elle a déjà un enfant, l’essentiel pour elle, c’est qu’elle vive.

Service Communication du CHU-YO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *