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Attaque terroriste du café Istambul: le CHU-YO au cœur du dispositif de prise en charge des victimes

L’attaque du 13 août dernier au café Aziz Istambul a fait 19 morts et 21 blessés. Les blessés ont été reçus au CHU Yalgado Ouédraogo qui dut se réorganiser vite pour pouvoir prendre en charge efficacement toutes ces victimes, évacuées en un temps record par les ambulances. Une semaine après cette tragédie, il reste encore trois blessés dans cette structure de soins, les autres ayant été libérés une fois l’urgence levée . Une chaîne de solidarité émanant des personnes physiques et morales s’est nouée pour soutenir les blessés, pour encourager les soignants, ou pour donner un appui dans le cadre de la prise  en charge.

Il fallait se réorganiser

Vers 22 heures, la première vague de blessés au nombre 11 est arrivée au CHU-YO, dont trois avaient déjà rendu l’âme au cours du trajet. Une victime, dont le cas était critique et qui avait été admise directement au bloc opératoire n’ a malheureusement pu  être sauvée. Vu l’état de gravité de nombre de blessés, même les soignants ne pouvaient contenir leur choc, visible et lisible dans leurs regards. La coordination entre les équipes soignantes tant au niveau du service des urgences traumatologiques, poste d’entrée de tous les blessés, que dans les services des Urgences viscérales, Neurochirurgie, de Réanimation, Radiologie & Scanner, des Laboratoires..…..s’imposait.

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Le directeur général du CHU-YO accompagnant le Premier Ministre et sa délégation au chevet des victimes

Dix autres blessés arriveront par la suite, et le service des Urgences traumatologiques s’est vite retrouvé débordé. Les chirurgiens et leurs cadets en spécialisation se sont regroupés autour du médecin-chef du service, le Pr Christophe Da. Une nouvelle organisation du travail est mise en place. Une équipe était chargée de l’accueil et du tri de toutes victimes qui arrivaient. En fonction de la nature des lésions qu’un malade présentait, l’équipe tout de suite déterminait la spécialité médicale ou chirurgicale dont relève le malade pour sa prise en charge.

C’est ainsi que «Certains blessés au regard de la gravité de leur cas ont été pris rapidement au bloc. Par contre, d’autres pouvaient attendre un peu, le temps de faire des examens complémentaires avant de décider de la conduite à tenir», précise le médecin chef des urgences traumatologiques. Dans l’urgence, un troisième bloc opératoire a été mis en état de marche.

La mobilisation du personnel et la coordination aidant, les victimes qui avaient des lésions au niveau de l’abdomen étaient envoyées en chirurgie viscérale. Dans le dispositif, explique un médecin, «il y avait des anesthésistes pour secourir les patients qui étaient en détresse vitale.»

L’esprit de solidarité des praticiens

C’est surtout l’esprit de solidarité des praticiens que salue ce médecin qui révèle que: «Tous ceux (soignants) qui étaient à Ouaga ont répondu à l’appel, c’est vraiment un élan de solidarité et de patriotisme qui a animé tous ceux qui sont venus nous prêter main forte. Des professeurs agrégés jusqu’aux étudiants, tous ceux qui avaient des compétences pour prendre en charge les malades sont tous venus.»

Le directeur général du CHU-YO, Robert Sangaré, qui avait déjà reçu les consignes du gouvernement pour la prise en charge gratuite des blessés, faisait le nécessaire pour  répondre aux besoins des soignants. Il  sera par la suite rejoint  par le  Secrétaire général du Ministère de la Santé, Jean Lucien kargougou.

ppLeur présence est bien appréciée par ce médecin qui témoigne: «Pour que cette prise en charge se fasse avec célérité, nous avons eu le concours de l’administration d’abord pour sécuriser le périmètre, sécuriser les abords des urgences chirurgicales, filtrer les entrées des accompagnants parce qu’en pareille circonstance tout le monde accourt pour voir s’ils n’ont pas un proche parmi les blessés. En outre, cela nous avons eu l’appui de l’administration en ce qui concerne la disponibilité des médicaments et des consommables médicaux. » En de pareille situation, il fallait répondre aux besoins spécifiques des chirurgiens, faire appel à  des agents d’autres départements, pouvoir réaliser en urgence des clichés de radiologie et scanner, ainsi que les examens de laboratoire, et mettre à disposition des produits pharmaceutiques………

En plus de la prise en charge médicale et chirurgicale, la cellule de prise en charge médico-psychologique a été réactivée. Coordonnée par le Pr Arouna Ouédraogo, la cellule a reçu près de 60 personnes touchées directement ou indirectement par l’attaque.

Une cellule d’urgence médico-psychologique

La nuit de la tragédie, l’équipe médico psychologique s’est déportée sur l’avenue Kwamé Krumah pour porter assistance aux victimes ou à leurs parents. L’objectif c’est de les recevoir et de les écouter. Car «vous savez que dans l’immédiat, il s’agit de permettre à l’individu de parler, d’exprimer les émotions, de répondre à un certain nombre de préoccupations et de donner des informations permettant à plus ou moins long terme de gérer ces évènements particulièrement douloureux.», fait savoir le Pr Ouédraogo.

Le lendemain, la cellule a installé ses quartiers dans le service de Psychiatrie du CHU YO pour continuer ses

consultations. En pareille situation, les psychologues recommandent aux victimes de recourir à des spécialistes qui

Le Pr Arouna Ouédraogo donnant des explications aux présidents d’institution sur la prise en charge médico-psychologique des victimes

peuvent les aider à surmonter le choc. Il est conseillé de ne pas s’enfermer ou de se cloitrer. Au contraire, les victimes doivent être entourées de leurs proches, à défaut d’avoir un spécialiste à consulter pour une prise en charge efficace.

De l’avis du chef de service de la Psychiatrie : «On estime qu’une partie des personnes exposées peut développer à plus ou moins long terme des maladies mentales caractérisées. D’autres vont sentir un mal-être plus ou moins bénin qui nécessite quand même une prise en charge. Nous leur avons demandé, en fonction du malaise ressenti de revenir en consultation

Des personnes physiques ou morales ayant fait le déplacement au CHU-YO ont salué et encouragé les efforts des acteurs hospitaliers, et appelé les fils et filles de la nation à plus de solidarité et de cohésion afin qu’ensemble un front uni soit dressé contre l’ennemi. Des contributions ont été données pour soutenir l’Etat dans la prise en charge des victimes.

Propos de quelques personnalités recueillis au CHU-YO

 

«Au-delà de cette attaque, ce sont les institutions républicaines qui sont visées puisque cela peut désorganiser leur fonctionnement. Les institutions étant donc en première ligne dans le fonctionnement du pays, cette visite était donc un devoir pour les présidents. », le président du Conseil Constitutionnel, Kassoum Kambou

Le Samana Kassanga, envoyé de Sa majesté Mogho Naba Baongo: «Sa Majesté ne pouvait pas rester en marge de cette élan de solidarité, raison pour laquelle ils nous a envoyés de venir encourager et féliciter le personnel de l’hôpital car durant les évènements, il y a eu cas de professionnalisme».

Le directeur général de l’OOAS, Dr Xavier Crespin « Je profite lancer un appel en vue du renforcement du système de santé de nos Etats pour qu’ils puissent répondre chaque fois au besoin. Il ne faut pas qu’on attende des périodes difficiles, comme celle-là, pour que nous puissions nous mobiliser. Il faut qu’il y ait une mobilisation permanente en faveur du renforcement de nos structures de santé. Egalement, je lance un appel pour le don de sang aux blessés»

Le président de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina, El Hadj Abdoul Rahmane SANA: «Nous en appelons à la solidarité de l’ensemble des Burkinabè avec le gouvernement, avec les agents de santé qui se battent depuis ce jour pour sauver des vies. Aux forces de défense et de sécurité, nous leur disons que nous sommes ensemble. Nous demandons à tous les Burkinabè de rester solidaires (….). Il faut que les Burkinabè soient soudés et solidaires pour vaincre ce phénomène»

Service communication




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